Colloque international «La Francopolyphonie», X-ième édition

La X-ième édition du Colloque international La Francopolyphonie s’est tenue à l’ULIM le 27 mars, ayant comme générique cette année L’interculturalité et l’herméneutique à travers la linguistique, la littérature, la traduction et la communication.

L’événement a réuni des chercheurs et professeurs, représentant une cinquantaine d’établissements d’enseignement supérieur et centres de recherche de 14 pays (voir ICI le Programme).

Lors de la séance plénière, nous avons eu le plaisir d’accueillir des personnalités notoires telles que M. Philippe Loubière (dr., traducteur, journaliste, professeur à l’Université Sorbonne Nouvelle Paris 3, France), Mme Sanda-Maria Ardeleanu (député, prof. univ. dr., Université «Stefan cel Mare» de Suceava, Roumanie), M. Alexandru Laurentiu Cohal (dr., professeur associé à l’Université de Pavia, Italie), M. Ion Gutu (maître de conf., dr., Directeur du Département de Linguistique romane et communication interculturelle, Université d’Etat de Moldavie), Mme Ana Bondarenco (prof. univ., dr. d’Etat, Université d’Etat de Moldavie) et d’autres.

L’ULIM a été représentée par Mme Ana Gutu (Premier Vice-recteur, prof. univ. dr.), Mme Elena Prus (directeur de l’ICFI, prof. univ., dr. d’Etat) et d’autres professeurs de la Faculté des Lettres.

J’ai présidé l’atelier déroulé dans le Centre de réussite universitaire. Plusieurs scientifiques de France, Italie, Ukraine, Roumanie et Côte d’Ivoire ont présenté leurs communications par visioconférence et skype.

J’ai eu également une intervention intitulée L’autotraduction comme acte herméneutique par excellence.

Le résumé de ma communication:

L’autotraduction, acte créateur complexe par excellence, représente un sujet passionnant pour la théorie littéraire, la traductologie et même pour la philosophie herméneutique. L’importance scientifique de l’activité autotraduisante s’explique par le fait qu’elle remet en question certains concepts clés comme œuvre originale et traduction, identité et altérité, auteur et traducteur, mais également la notion de texte en rapport avec la question de sens. Cette pratique vise aussi à illustrer le lien indissoluble entre la pensée et la (sur)création, entre la reproduction et la recréation. C’est la raison pour laquelle elle doit être étudiée par rapport aux autres phénomènes tels que le bilinguisme créateur (le terme de Dumitru Chioaru) ou plutôt celui synergétique (le terme nous appartient), la (ré)écriture, la création, les deux textes (source et cible) que nous considérons comme deux œuvres originales à part, même si elles ont le même auteur.

Ceci dit, l’acte autotraductif doit être envisagé sous l’angle du dialogue herméneutique, qui, selon Gadamer, est censé élaborer une langue commune. Au cas de la traduction auctoriale, c’est une sorte de langue hybride qui se trouve au croisement de la langue maternelle et de la langue adoptive ou, dans l’optique de M. Oustinoff, c’est un « entre-deux ».

Cette fascinante double écriture créatrice propre au phénomène en question permet d’exploiter l’univers de deux imaginaires différents, menant à une « réécriture traduisante » ou « autotraduction recréatrice » (M. Oustinoff).

Dans cette intervention, nous nous proposons d’examiner, dans une perspective herméneutique, la traduction auctoriale et ses liens avec l’intertextualité en prenant pour exemple la création bilingue des écrivains roumains.

Le bilinguisme synergétique, qui est un bilinguisme individuel, et le dialogue herméneutique viennent confirmer l’idée que l’Ego créateur est pluriel, c’est une unité protéique et dialectique entre l’identité et l’altérité.

L’autotraduction, exercice où le traducteur rencontre l’auteur dans la même personne, s’avère être en même temps le miroir de l’auteur et la porte d’accès au transculturel.

Mots-clés : autotraduction, dialogue herméneutique, création, sens, bilinguisme synergétique, langue hybride, transculturalité.

Les partenaires du l’ULIM dans l’organisation du colloque ont été l’AUF, l’Ambassade de France en Moldavie, l’Alliance Française de Moldavie, l’Université Sorbonne Nouvelle Paris 3, l’Université «Stefan cel Mare» de Suceava, Roumanie, et  l’Université Feira de Santana de Brésil.

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